Va-t-on vers l’uberisation des banques ?

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photo Philippe ROBINPhilippe ROBIN
Intervenant EFE sur les formations « Finance pour cadres dirigeants » des 11-12-13 juillet 2016 et « Finance pour non-financiers – Niveau 2 » des 6-7 octobre 2016 à Paris

Rédaction Analyses Experts : Quelles sont (encore) les principales menaces pour l’industrie bancaire ?

Philippe Robin : La platitude de la courbe des taux qui réduit fortement les revenus issus de la transformation et la faible volatilité des indices, taux… qui pénalise les activités des marchés de capitaux y compris celles qui ne sont pas issues de la spéculation (trading), pèsent sur le chiffre d’affaires (PNB) des banques,

– la forte réglementation souvent mouvante ou incomplète mais qui va encore s’accroitre car beaucoup de fragilités révélées par les crises successives depuis 2007 n’ont pas été comblées, ni les excès corrigés (cf. amendes gigantesques)

– des dépôts clientèle de plus en plus fuyants vers d’autres placements et qui sont aujourd’hui à peine au niveau des crédits voire plus bas,

– la difficulté de faire venir de nouveaux actionnaires dans le capital des banques où le coût du capital exigé par les candidats actionnaires (10% et plus) est supérieur à la rentabilité des fonds propres (en moyenne 5%, dividendes et plus-values)

Rédaction Analyses Experts : Va-t-on vers l’uberisation des banques ?

Philippe Robin : Les banques ne sont pas épargnées par le phénomène d’uberisation de la société. Le public veut aussi se réapproprier sa souveraineté financière.

Même s’il a été touché plus tardivement, le secteur bancaire est concurrencé par de nombreux petit acteurs à faible coûts et pas seulement aux USA: ce sont les fintechs jouant le tout numérique, faiblement réglementées, sans les lourdeurs d’un réseau brick and mortar de plus en plus délaissé par les clients.

Surfant sur les technologies (internet, big data, réseaux sociaux…), elles facilitent la vie financière (moindre coût, accessibilité, démocratisation !) autant qu’elles perturbent les habitudes.

Rédaction Analyses Experts : Comment les banques font-elles face à ce phénomène ?

Philippe Robin : Les banques ont largement réagi en créant en interne des services nouveaux de banque à distance, en rachetant ou en devenant partenaires de fintechs, la plupart des activités régaliennes des banques sont déjà défiées, parfois depuis longtemps ainsi :

– la gestion des moyens de paiement en ligne et sur mobile

– le financement crowdfunding, crowdlending

– le transfert de devises

– la gestion de compte

…sans parler de nouvelles monnaies hors sol (bitcoin …) !

 

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