Comment choisir sa réassurance vie ? Pour quelle tarification ?

David DuboisDavid Dubois
Directeur du Développement, Actuaire IA, MBA
RGA INTERNATIONAL REINSURANCE COMPANY
LIMITED
Intervenant EFE à la formation « Pratiquer la Réassurance »

Rédaction Analyses Experts : « Au vu de l’actualité, comment choisir sa réassurance vie aujourd’hui ? »

David DUBOIS : Le choix d’une structure de réassurance vie doit avant tout répondre à une problématique intrinsèque de l’organisme d’assurance et être mise en oeuvre en vue de satisfaire à un objectif donné : transfert d’une source de risque (fréquence ou pointe), amélioration de la marge de solvabilité « au net de réassurance », pilotage du ROE ou bien encore accès aux services proposés par le réassureur.

Sur ce dernier point, le réassureur vie est généralement fortement imbriqué dans la chaine de valeur de ses cédantes notamment sur les aspects de sélection des risques de santé aggravés et la mise à disposition d’outil de tarification de ces risques.

Évidemment l’actualité, notamment celle relative aux évolutions sur les marchés financiers, peut avoir une influence non négligeable sur le déclenchement de la recherche d’une couverture de réassurance vie notamment sur les portefeuilles de contrats d’assurance Épargne. Si la réassurance ne fait pas de miracle, elle peut néanmoins permettre de faciliter le passage d’une situation délicate tout en respectant la réglementation. Un traité de réassurance n’a pas vocation à aider un assureur à masquer la réalité d’une situation et la transparence tout comme le bon sens sont à privilégier pour le choix de la structure de réassurance.

Quoi qu’il en soit choisir sa réassurance vie, c’est aussi choisir son réassureur. Les critères retenus pas la cédante sont la solidité financière, généralement perçue au travers de la notation, mais aussi les compétences techniques et les services proposés.

Rédaction Analyses Experts : « Quelles nouvelles pratiques en matière de tarification ? »

David DUBOIS : Les techniques de tarification des traités de réassurance non proportionnelles ont beaucoup évolué au cours des dernières années en intégrant de plus en plus les simulations sur la sinistralité potentielle à charge du traité. D’une approche déterministe, les réassureurs sont passés à une approche stochastique de la sinistralité permettant de mieux prendre en compte le vrai risque posté par le réassureur sur la protection de risque de pointe. Par ailleurs, les réassureurs ont depuis longtemps intégré le coût de leur fonds propres dans leur tarification ce qui n’était pas systématiquement le cas chez les cédantes.

La mise en place progressive de Solvabilité 2 induit cette prise de conscience chez tous les organismes d’assurance et du fait de la valorisation de tous les postes de risques imposée par Solvabilité 2, le coût de la réassurance vu par une cédante va de plus en plus se faire au regard du coût direct à payer au réassureur mais aussi des économies de capital que l’opération de réassurance va permettre. Pour le réassureur, cette approche induit une plus grande difficulté à apprécier le coût net de son offre en l’absence d’une connaissance des économies de capital permises par le modèle de sa cédante mais aussi entre les parties, d’être plus transparentes sur leur modèle respectif pour faire coller la structuration de la réassurance au plus près du besoin de la cédante tout en jouant sur tous les leviers possibles. Ça ne rend l’activité de réassurance que plus passionnante.